dimanche 17 mai 2009

Décès de James Kirkup (1918-2009)


Le grand poète britannique James Kirkup est mort à l'âge de 91 ans dimanche dernier à Andorre où il résidait depuis la fin des années 80.
Né à South Shields dans le nord de l'Angleterre, au bord de la mer du Nord, fils unique, homosexuel, James Kirkup fut très tôt confronté à un "sentiment de grande solitude et de marginalité."
Il fit des études de lettres à l'université de Durham, puis, s'étant déclaré objecteur de conscience, passa la seconde guerre mondiale à travailler comme ouvrier agricole. Il publia ses premiers poèmes à cette époque.
Dans les années 50, la prestigieuse Oxford University Press publia six volumes de poèmes de Kirkup. Glyn Pursglove, en lui rendant hommage dans The Guardian, écrit:
His work in this period stripped away the previous extravagance and was characterised by a new precision of language. The title poem of A Correct Compassion (1952) - an account of a heart operation - has been widely anthologised and much admired for the exactness of its observation and its language. But the poem is far more than reportage (however accomplished); as a meditation on art, on its "correct compassion", it is sophisticated and deft. As a kind of "defence of poetry", it is persuasive and moving. There is much else to admire and enjoy in Kirkup's 1950s poetry, a body of work now seriously underrated.
De plus en plus mal à l'aise en Angleterre, il se mit à voyager. Il passa de nombreuses années comme professeur d'anglais au Japon où il se familiarisa avec le haiku et le tanga. Il s'établit à Andorre en 1988.
James Kirkup, écrivain prolifique, est aussi l'auteur de récits de voyages, d'une autobiographie en plusieurs volumes particulièrement attachante, de critiques littéraires, notamment dans le TLS, et de nécrologies qu'il publiait régulièrement dans The Independent. Il traduisit également de nombreux auteurs, dont Simone de Beauvoir qu'il détestait...
En juin 1976 le bimensuel gai anglais Gay News publia un poème de James Kirkup, The Love that Dares to Speak Its Name, dans lequel un centurion romain laisse libre cours aux fantasmes provoqués par le corps du Christ dont il a la garde. L'année suivante le périodique et son éditeur furent condamnés pour blasphème et le poème interdit. La publication de ce dernier en Angleterre est toujours illégale... Vous pouvez le lire en cliquant sur le lien www.gayascienza.com.

17.05.2009