dimanche 26 avril 2009

Keynes (suite); les enfants de Thomas Mann



Vous pouvez lire le texte de cette chronique en anglais en cliquant sur www.gayascienza.com.

26.04.2009

dimanche 19 avril 2009

L'homo-érotisme de Gustave Caillebotte


Vous pouvez lire le texte de cette chronique en anglais en cliquant sur www.gayascienza.com.

dimanche 12 avril 2009

Caillebotte?

Les semaines se suivent et... se ressemblent. Le Vermont est devenu le quatrième état en Amérique à autoriser le mariage homosexuel. Pour la première fois à la suite d'une procédure legislative, et non juridique. Mardi, de façon presque inespérée, le Congrès du Vermont a rejeté le veto que le gouverneur de l'état avait opposé à une loi permettant aux couples de même sexe de se marier.

Giulia Sissa, dont j'ai mentionné le livre la semaine dernière (Sex and Sensuality in the Ancient World), fait partie, avec James Davidson (The Greeks & Greek Love: A Radical Reappraisal of Homosexuality in Ancient Greece), et quel que soit son mérite, de ceux qui remettent en question le dogme d'un amour grec dominé par "le jeu  du sexe en érection à l'exclusion de tout autre sentiment érotique," thèse largement propagée par Foucault et Dover. "Sissa, cependant, contrairement à Davidson, considère la féminité comme la source de tous ces désirs et sentiments amoureux," ajoute Peter Green dans une critique intéressante dans  The New Republic du 4 mars.

Ces jours-ci en classant des piles d'articles collectés au cours des derniers mois, afin de ranger mon appartement avant l'arrivée de mes filles pour les vacances de Pâques, je tombai sur un article de Blake Baily dans le New York Times à propos de la biographie de Hopkins par Paul Mariani (Gerard Manley Hopkins: A Life, New York, Viking, 2008, 496p). Blake Bailey est l'auteur d'une récente épaisse biographie de John Cheever. J'avais décidé de ne pas lire le livre de Paul Mariani, malgré l'intérêt que je porte à Hopkins, après avoir lu une critique très négatvie dans le New York Review of Books. Blake Bailey met en avant le même reproche, qui m'avait rebuté: "J'imagine qu'il n'est pas impératif pour les biographes de se mêler des inclinations sexuelles de leur sujet, mais la plupart d'entre eux seraient sans doute prêt à admettre que cette approche est cruciale dans le cas de Hopkins, et Mariani y rechigne visiblement."

L'exposition Gustave Caillebotte: Impressionist Paintings from Paris to the Sea au Brooklyn Museum (jusqu'au 5 juillet), la première exposition d'envergure d'oeuvres du peintre français à New York depuis plus de trente ans, a aiguisé ma curiosité. Je veux en savoir plus sur l'homme...

12.04.2009

dimanche 5 avril 2009

Sexe et sensualité dans le monde antique

Pendant que la Suède légalisait le mariage homosexuel, et que la Cour Suprême de l'Iowa prenait, à l'unanimité, la décision d'autoriser les mariages entre individus de même sexe, j'étais plongé dans Sex and Sensuality in the Ancient World (Giulia Sissa, translated by George Staunton, Yale University Press, 2008, 224p).

Giula Sissa est professeur de littérature grecque et latine et de sciences politiques à UCLA. Comme l'indique son profil sur le site de l'université, elle est "l'auteur de nombreux ouvrages et d'articles sur l'histoire, l'anthropologie et la philosophie dans le monde antique. Ses domaines d'intérêt sont toujours corrélés à des problématiques contemporaines majeures: le féminisme, la sexualité, la drogue, la démocratie, la pensée utopique, et l'émotions politique."

Sex and Sensuality est sorti en Italie en 2003. Une traduction française doit être publiée chez Odile Jacob. Il n'est pas toujours aisé de suivre le raisonnement de Giulia Sissa qui privilégie un style virtuose qui manque parfois de clarté. Pour elle, le plaisir et le désir entre l'homme et la femme sont au cœur des préoccupations du monde antique ("La distinctions des sexes et leur union étaient au centre de la réflexion antique sur la sexualité"). La sensualité, "ce mouvement des corps l'un vers l'autre, à la poursuite du plaisir," "ce désir traînant, persistant, sans fin," est le "désir d'être désiré, la recherche d'une réciprocité."

En admettant cela, nous évitons les nombreux dilemnes qui se présentent aux historiens de la sexualité.
Tout d'abord, l'opposition entre passif et actif est abolie: la distinction entre celui qui cherche à posséder et celui qui est possédé s'estompe. D'après la dialectique de la sensualité, nous aspirons à être un objet de désir pour l'autre, et, en cas de succès, nous désirons l'autre en retour. C'est le jeu de la chărízeĩn, ou gratification, autour duquel s'est focalisé le débat platonicien sur l'amour: le moment magique de la séduction survient lorsque l'on parvient à susciter l'intérêt érotique de l'autre.
Ensuite, la dichotomie entre homosexualité et hétérosexualité perd de son acuité: la sensualité est du domaine du féminin, quelque soit le sexe de celui qui en fait l'expérience. Ce sont un garçon ou un cinède qui décochent les flèches parce qu'ils ont des corps féminins. C'est la femme qui domine la scène de l'amour parce qu'elle est en est l'archétype, et parce que, comme dit Ovide, elle est douée d'un érotisme supérieure.

L'attitude des Grecs face aux relations sexuelles entre hommes et adolescents est interprétée principalement au travers du discours d'Eschine, Contre Timarque et du Banquet de Platon. "Cette attitude varie," prétend Giulia Sissa, "suivant le milieu social, et change radicalement entre le monde raréfié et de l'aristocratie éclairée et celui des Athéniens ordinaires." L'importance de 'l'homosexualité' a été exagérée. À cet égard, le tableau de Jean-Baptiste Regnault choisi pour illustrer la jaquette de couverture, Socrate arrachant Alcibiade des bras de la Volupté (1791), est étonnant...

Cela fait-il du monde antique un monde plus proche de nous?

***
Si vous hésitez encore entre lire ou ne pas lire Les Bienveillantes, qui vient d'être traduit en anglais par Charlotte Mandell (The Kindly Ones, Jonathan Littell, Harper, 2009, 992p), plongez-vous dans la critique de Daniel Mendelsohn pour la New York Review of Books, Transgression. C'est de loin la meilleure critique que j'ai lue. Le monde l'a même qualifiée de la plus magistrale... (Les Bienveillantes malmenées: les critiques cherchent à comprendre pourquoi le livre a eu un tel accueil en France).

05.04.2009