mercredi 12 septembre 2007

Superbad, les Variations Goldberg

Dimanche 9 septembre 2007

Superbad (Columba Pictures, Greg Mottola), produit par Judd Apatow, est un film de la même veine que The 40-Year-Old Virgin et Knocked Up, dont ce dernier était le réalisateur. Il s'agit d'une comédie burlesque qui évoque des sujets sérieux: l'amour, l'amitié. C'est la fin des cours pour les élèves de dernière année dans une high school typique de la banlieue américaine. Filles et garçons n'ont qu'une chose en tête: comment perdre leur virginité avant de partir pour l'université? La caméra suit les aventures de trois copains: le gros Seth (Jonah Hill), optimiste et jovial, l'élégant Evan (Michael Cera), cérébral et sérieux, son inséparable alter-ego, et le dernier de la bande, Fogell, le petit binoclard qui ne veut pas en rater une (l'excellent Christopher Mintz-Plasse ). Ils ont promis d'apporter les boissons alcoolisées à la soirée organisée par les filles de leur classe où ils espèrent que l'alcool les aidera à atteindre leur but... Les difficultés commencent avec l'achat de la gnôle, puisqu'aucun des trois n'a l'age requis par la loi américaine pour, ne serait-ce que, pénétrer dans un magasin de spiritueux. Fogell a un sésame: il a obtenu un faux permis de conduire au nom d'un McLovin, un Hawaien doneur d'organe, agé de 25 ans! Au moment où il est sur le point de réussir son coup, une tentative de hold-up dans la boutique provoque l'intervention d'une patrouille de police et entraîne des complications les unes plus drôles que les autres. Les deux policiers semblent d'ailleurs tout droit sortis de Docteur Folamour de Stanley Kubrick. Comme le souligne David Denby dans sa critique du New Yorker, un parfum d'homo-érotisme flotte au-dessus de la relation entre Seth et Evan. Un des moments les plus drôles du film est celui où dans un flash-back Seth raconte comment il ne pouvait s'empêcher, lorsqu'il était petit garçon, de dessiner de façon obsessionnelle des phallus. Suit une galerie de dessins, repris dans le générique de fin, absolument hilarants, de sexes masculins dans les contextes les plus inimaginables.

Après la sortie chez Sony d'un nouvel enregistrement des
Variations Goldberg par Glenn Gould, 24 ans après sa mort, sur un piano Yamaha de concert, rendu possible par une technologie numérique développée par les studios Zenph, on parle beaucoup du premier enregistrement de la pianiste Simone Dinnerstein. La soliste de 34 ans, une drop-out de la Julliard School, a débuté en concert en novembre 2005 en jouant les Variations Goldberg dans une interprétation très personnelle. La longue Aria initiale, pensive, hésitante, semble lutter pour s'extraire du silence, écrit Anne Midgette, dans le New York Times, à l'occasion de la sortie du cd chez Telarc.