mercredi 18 juillet 2007

The gayest house in America

Dimanche 15 juillet 2007

Je voulais vous parler de la Glass House qui vient d'ouvrir au public à New Canaan dans le Connecticut. Il s'agit de la maison que l'architecte américain Philip Johnson s'est fait construire à une quarantaine de kilomètres de New York pour y passer ses week-ends. Philip Johnson au cours de sa longue vie a eu une influence considérable sur l'architecture moderne aux États-Unis. D'un plan extrêmement simple, la maison est construite autour d'une structure centrale en brique qui contient la salle de bain et une cheminée. Ses murs extérieurs sont constitués de panneaux de verre. L'ameublement est minimal: une lit de repos et des fauteuils. Un seul tableau, de Nicolas Poussin, posé sur un chevalet. La Glass House est couplée à la Brick House. Construite en même temps, séparée d'elle par une pelouse, elle en est l'exact opposé: tout en brique, avec peu d'ouverture. Cette dichotomie entre ce qui est montré et ce qui est caché l'a faite qualifier de 'the gayest house in America' par le
Washington Post dans un article de juin.
La propriété que l'architecte a agrandie progressivement en rachetant des parcelles et sur laquelle il a construit plusieurs autres bâtiments, a été léguée en 1986 au National Trust for Historic Preservation. Johnson en avait gardé l'usufruit pour lui et son compagnon. Tous deux sont morts en 2005 à quelques mois d'intervalle. Depuis le mois de juin des visites en petits groupes sont possibles d'avril à octobre en réservant à l'avance. Je n'ai pas pu obtenir de place: c'est complet jusqu'à l'année prochaine! J'ai donc renoncé à vous en parler davantage. Au lieu de me rendre à New Canaan je me suis plongé dans la biographie de Johnson publiée en 1996 par Franz Schulze. J'en ai reçu un exemplaire impeccable en la commandant sur Abebooks.com. Le personnage n'est guère sympathique au premier regard. Autoritaire, sympathisant nazi en son temps, avant de s'en repentir, portant d'épaisses lunettes rondes un peu ridicules. Mais j'ai envie d'en savoir plus. Je vous en reparle.

Dans la section Immobilier du
New York Times de ce dimanche le titre d'un article retient mon attention: "Do Ask, Do Tell". C'est le portrait de David Mixner, un activiste GLBT, au travers de la maison qu'il a achetée l'automne dernier en pleine campagne new-yorkaise: il y a en quelque sorte pris sa retraite. Ses amis et la plupart des gens de sa génération qu'il connaissait sont morts du sida. Sa vie à Manhattan n'avait plus de sens. Il est gros, a du mal à se déplacer. Sa principale activité est la publication d'un blog dans lequel il écrit tous les jours. Le 13 juillet: "Andrew Goldstein, a star Lacrosse player for Darmouth University, has an inspirational coming out story." Suit une vidéo de YouTube. Plus les homosexuels décident de vivre ouvertement, plus les chances sont grandes pour que tout un chacun connaisse personnellement un gay qu'il apprécie ou estime dans son entourage. Cercle vertueux banalisant l'homosexualité dans la population générale, au moins dans la partie des États-Unis où je vis.