mercredi 27 juin 2007

Le mariage gay dans le Massachusetts

Dimanche 24 juin 2007

Une proposition d’amendement constitutionnel définissant le mariage comme une union entre un homme et une femme a été rejetée la semaine dernière dans le Massachusetts. L’amendement nécessitait 50 votes en sa faveur dans les assemblées de l’état pour être faire l’objet d’un référendum en novembre 2008. Un nouvelle tentative des opposants au mariage homosexuel ne pourra, au mieux, revenir devant les électeurs avant 2012. « Dans le Massachusetts, la liberté de se marier est aujourd’hui assurée » a déclaré le Gouverneur Deval Patrick.

Fellow Travelers (Thomas Mallon, Pantheon Books, 2007) est un roman ambitieux, dense, dont le sujet est visiblement plus personnel que les autres romans historiques du même auteur. L'action se déroule principalement entre 1953, au faîte de l'influence du sénateur McCarthy, et 1957, l'année de sa mort. Tim Laughlin, un jeune irlandais catholique tout juste sorti de l'université, rencontre sur Dupont Circle à Washington Hawkins Fuller, un fonctionnaire du Département d'Etat un peu plus âgé. Cette rencontre survient alors que Tim finit un stage d'été dans un quotidien de la capitale. Tim est frêle, fragile, introverti. Pratiquant, il est issu d'une famille modeste habitant Lower Manhattan. Hawkins est grand, beau, sûr de lui, un véritable WASP de Park Avenue. Il obtient un job pour Tim comme assistant d'un sénateur Républicain et devient son premier amant.
L'histoire d'amour se développe dans le contexte de chasse aux sorcières de l'ère McCarthy: les sympathisants communistes, mais aussi les déviants sexuels.
L'écriture est solide, par moment drôle, les nombreux passages relatant les auditions sénatoriales et autres sujets politiques sont parfois difficiles à suivre pour un lecteur non Américain. Ils ancrent l'histoire dans son temps bien particulier.
Hawkins se marie et vit une double vie. Tim se console difficilement et ne trouve un certain équilibre, personnel et spirituel, que lorsqu'il se convainc que l'important ce n'est pas d'être aimé, mais d'aimer, sans retenue.

Men Who Love Men, (William J. Mann, Kensington Books, 2007) est un livre très différent. Par son titre, sa couverture (deux hommes en serviettes de bain enlacés) et son écriture très simple, il ressemble davantage à un guide pratique et touristique qu'à un roman: comment trouver le parfait partenaire, Mr. Right comme disent les Américains. Que faire à Provincetown. Ça se lit très vite. C’est un bon document de sociologie. Mais je ne peux pas le recommander. L'histoire se passe, de nos jours, dans la station balnéaire homosexuelle par excellence de la Nouvelle Angleterre. On s'y marie (nous sommes au Massachussetts, le seul Etat américain où la mariage homosexuel est légal), on y vit sa vie gay au grand jour. Le personnage principal, Henry Weiner, trentenaire, se sent vieillir, très seul, n'ayant jamais réussi à maintenir une relation durable. Le livre décrit sa quête impossible du 'parfait compagnon', tandis que peu à peu, sans s'en rendre compte, il entame une camaraderie avec un homme plus âgé qui peut-être sera la réponse à ce qu'il cherche... Un moment drôle et très réel est celui où Henry décide de changer de look : il s’achète des vêtements dans des boutiques branchées où les autres clients ont dix ans de moins et change de coupe de cheveux. La réaction de son meilleur ami est : ‘laisse moi de donner un conseil. La moins bonne façon de se rajeunir est de se donner du mal pour se rajeunir…’ L’auteur a publié d’autres romans probablement de la même veine (voir leur titres) et une biographie controversée de Katharine Hepburn l’année dernière dans laquelle il présente l'actrice comme une sorte de transexuelle et la plupart de ses relations masculines, y compris Spencer Tracy, comme des bisexuels.

Le dernier livre de Armistead Maupin (
Michael Tolliver Lives, HarperCollins, 2007), l'auteur de Tales of the City, vient de paraître. Une critique de David Leavitt dans le New York Times ne donne pas vraiment envie de le lire. Je ne le mentionne que parce qu’il est dédicacé à son mari.