dimanche 5 novembre 2006

Le mari de Gerry Studds

Dimanche 22 octobre 2006

La population des États-Unis a atteint cette semaine 300 millions d’habitants, grâce à un taux de natalité qui reste de loin le plus élevé des pays développés et à son immigration. La barre des 200 millions avait été dépassée en 1967, et on estime que celle des 400 millions sera atteinte en 2043. Pendant que les États-Unis gagneront 100 millions d’habitants, l’Europe et le Japon en perdront 15 millions. The Economist titre à ce sujet : « L’accroissement de la population aux États-Unis devrait résoudre plus de problèmes qu’elle n’en créera. »
Le Peter Cooper Village et le Stuyvesant Town, deux lotissements d’immeubles d’habitation construits après la deuxième guerre mondiale à New York pour loger les soldats démobilisés, viennent d’être vendus à des investisseurs pour 5,4 milliard de dollars, la plus importante transaction immobilière jamais réalisée aux États-Unis. Ils s’étendent sur 32 hectares au sud-est de Manhattan et sont principalement occupés par des familles modestes. On prédit leur transformation progressive en résidences de luxe, diminuant le nombre d’habitations à loyer modéré dans une ville où le coût du logement ne cesse de croître exponentiellement.
L’information renforce l’argument de ceux qui pensent que New York est en train de perdre son âme, sa capacité à attirer la jeunesse, à mélanger des habitants d’origine diverse.
On parle d’ailleurs maintenant d’exurbia pour désigner des zones à la périphérie des banlieues à basse densité d’habitations, croissance de la population élevée et au moins 20% des habitants se déplaçant en ville pour travailler. La Brookings Institution de Washington a récemment publié une étude sur le sujet qui concerne environ 11 millions de personnes aux États-Unis, majoritairement des familles moyennes blanches non-hispaniques propriétaires de leur logement.

L’affaire Foley continue son cours, en l’absence du principal intéressé toujours en cure de désintoxication, au fil des auditions de la commission d’enquête de la chambre des représentants. Le 15 octobre le
New York Times annonçait le décès de Gerry Studds, le premier membre du Congrès ouvertement gay. L’article indique qu’il avait 69 ans. Son mari a précisé qu’il était mort d’un accident vasculaire cérébral tandis qu’il promenait son chien. Vous avez bien lu. Gerry Studds a représenté le district du Massachusetts où il est né de 1973 à 1997. Son homosexualité fut révélée au travers d’un scandale, qui nous ramène à l’affaire Foley : en 1983 il fut réprimandé par la Chambre pour avoir eu une liaison avec un page de 17 ans, dix ans auparavant. Il fut réélu en 1984, contre toute attente (de ses détracteurs mais aussi de ses partisans) et devint un fervent défenseur des droits des homosexuels. En 2004 il fut l’un des premier à tirer profit de la nouvelle loi légalisant le mariage gay dans le Massachussetts en épousant son compagnon de longue date.

jeudi 26 octobre 2006

Hyperion, le séquoia géant

Dimanche 15 octobre 2006

Kramnik a gagné! Une vidéo de la télévision néerlandaise montre les derniers instants du match. Topalov vient de commettre une bourde avec les noirs dans la finale de la 4ème partie rapide destinée à départager les joueurs. Il ne le sait pas encore. Kramnik réfléchit. On le voit lever le bras droit au dessus de l’échiquier et plonger la main vers la tour qu’il déplace après une brève hésitation. Il presse le bouton de l’horloge électronique, puis continue à fixer l’échiquier, s’appuyant sur la table par les avant-bras posés à plat devant lui. Face à lui, Topalov est dans la même position. Une dizaine de secondes s’écoulent dans un silence religieux. Topalov lève la tête et fixe Kramnik qui lève les yeux à son tour. Ils se regarden. Topalov a réalisé qu’il avait perdu. Kramnik semble lui dire : « C’est bien ça? Tu es d’accord? Mon coup est décisif? » Cela dure une fraction de seconde. Topalov tend la main vers Kramnik. On entend une salve d’applaudissements. Kramnik repousse son siège et se lève en pivotant, en brandissant sobrement le poing. C’est fini. Le monde des échecs a retrouvé un champion du monde unique, reconnu par tous. Cela se passait vendredi, après que les deux dernières parties longues de mardi et jeudi se soient terminées par des nulles combatives.

Décidemment on trouve régulièrement des articles insolites mais souvent intéressants dans le
New Yorker. Dans le numéro du 9 octobre un journaliste qui s’intéresse aux arbres raconte la découverte du plus grand arbre de notre planète. Vous êtes-vous demandé un jour quel était l’arbre le plus grand du monde? Eh bien après la lecture de l’article du New Yorker je connais la réponse. Il s’agit d’un séquoia géant d’un peu plus de 115 m. Il a été baptisé Hypérion. Il se trouve en Californie.
Depuis de nombreuses années le nord de la Californie s’est révélé la région du monde où poussent les plus grands arbres (dépassant largement ceux de l’ouest du Canada et du sud de l’Australie). Les séquoias semblent apprécier son climat et la richesse de son sol. L’été dernier deux naturalistes amateurs, Chris Atkins et Michael Taylor, y exploraient une partie reculée du Redwood National Park dans le comté de Humboldt. Six ans auparavant, Atkins avait découvert le plus grand arbre jusqu’alors connu, un séquoia de 113 m qu’il avait baptisé le Stratosphere Giant. Cette fois l’expédition se révéla encore plus fructueuse. Après avoir identifié deux arbres qui leur semblèrent plus grands que le Statosphere Giant et qu’il baptisèrent Hélios et Icare (ce dernier était mort), ils tombèrent, dans une petite vallée adjacente parcourue par un ruisseau sur un arbre qui leur paru encore plus grand. Ils confirmèrent leur impression à l’aide d’un appareil laser. Mais la seule façon d’établir avec certitude la hauteur d’un arbre est de le gravir. Atkins et Taylor firent appel à Stephen Sillett, un professeur de botanique de la Humboldt State University spécialisé dans l’étude des redwoods. L’expédition, racontée dans le New Yorker par Richard Preston qui y prit part, eut lieu fin septembre. « Je continuai à grimper le long d’une corde que Sillett avait fixée à l’arbre », écrit le journaliste. « La cime d’Hypérion s’élançait dans l’espace; en bas, le ruisseau disparaissait dans l’ombre de l’après-midi. D’autres séquoias s’élevaient presqu’aussi haut. Ce spectacle de la nature, j’étais le premier être humain à le contempler. Le vent s’était levé, faisant se balancer la cime d’Hypérion. A l’endroit où j’étais suspendu les branches étaient frêles et recouvertes de toutes sortes de lichens. Le tronc faisait 25 cm de diamètre. »
Hypérion mesurait près de 4,60 m de diamètre à sa base. Il s’agissait effectivement de l’arbre le plus grand jamais observé : 379,1 pieds, soit 115,55 m (la hauteur d’un immeuble de 35 étages!). Sillett estime qu’il est encore jeune : peut-être six fois centenaire… pour une espèce qui peut vivre quatre fois plus. Dans un article publié en 2004 dans
Nature, Sillett et ses co-auteurs affirment qu’en raison des contraintes physiques la hauteur théorique maximale d’un arbre est de 122-130 mètres. Encore un petit effort Hypérion!

samedi 14 octobre 2006

Folie au Congrès

Dimanche 8 octobre 2006

La semaine a été marquée par une affaire de mœurs et ses répercussions politiques. Tous les jours elle a fait la une du
New York Times, sans mentionner la presse plus populaire. Mark Foley (prononcer « Folie »), un représentant républicain de Floride au Congrès, a démissionné vendredi 29 septembre après que la chaîne de télévision ABC ait révélé qu’il avait envoyé des emails et des textos à connotation sexuelle à des « pages » du Congrès. Les « pages » sont de jeunes adolescents, sponsorisés par leur État, qui passent une année scolaire à Washington, où ils officient comme messagers, tout en continuant leurs études. Cette affaire survient à un très mauvais moment pour les Républicains, menacés de perdre la majorité au Congrès et au Sénat aux élections de mi-mandat en novembre. Mark Foley a été admis dans une clinique de désintoxication pour alcoolisme, a révélé son avocat qui a reconnu que son client était « gay » et a ajouté qu’il avait été abusé sexuellement par un membre du clergé lorsqu’il était jeune. Un portrait paru dans le New York Times a précisé que Mark Foley vivait avec un partenaire, dermatologue, lorsqu’il résidait dans la région de Palm Beach dont il était l’élu. Son ascension politique avait été météorique, mais une brève tentation sénatoriale avait tourné court il y a quelques années parce qu’il craignait devoir affronter des révélations sur son homosexualité. Son siège de représentant n’était pas menacé avant l’affaire actuelle.
Les Démocrates, dont les critiques répétées contre l’administration Bush sur la guerre en Irak ont fait mouche, ont pris à partie le Speaker républicain du Congrès qu’ils accusent d’avoir voulu étouffer l’affaire. Les Républicains ont fait corps avec lui, pour l’instant, en criant à une manipulation politique à un mois des élections.
Tout cela ressemble fort à un retour à l’envoyeur. Les commentateurs font remarquer que la victoire des Républicains en 2004 a été largement due à la mobilisation des franges les plus conservatrices de ces derniers, notamment sur les questions de société comme l’avortement et le mariage gay. La stratégie derrière cette victoire est l’œuvre de Karl Rove, le conseiller politique du président Bush. Ironie du sort, une biographie récente de ce dernier,
L’Architecte, révèle que son beau-père, Louis Rove, qui l’a élevé, dont il porte le nom, et qu’il a toujours considéré comme son père, était homosexuel. Après s’être séparé de la mère de Karl en 69, Louis Rove s’est installé à Los Angeles, puis à Palm Springs où il est mort en 2004. Karl avait gardé avec lui des relations très proches.

Pendant ce temps à Elista, en Kalmoukie, le match pour le titre de champion du monde d’échecs avait repris, et le sujet à nouveau déserté les journaux, sauf le New York Times avec son reportage quotidien.
Revenu précipitamment d’un sommet avec Poutine, le président de la petite République russe, qui est aussi le président de la FIDE, a désavoué le comité d’appel (qui a démissionné en bloc), a rouvert les toilettes privées de joueurs et décidé que le match reprendrait lundi, tout en validant la partie gagnée par forfait par Topalov le vendredi précédent. Kramnik ne menait plus désormais que 3-2. Après avoir tergiversé ce dernier acceptait de jouer tout en protestant officiellement et en menaçant d’attaquer en justice la FIDE. Avec les noirs il forçait une nulle rapide dans la 6ème partie. Sur le site de Chessbase on pouvait voir une courte vidéo du début de la partie (les deux joueurs se serrent la main sans se regarder, mais tout de même…) et de la conférence de presse (Kramnik à l’aise, Topalov, avec une voix de fausset, fuyant, pitoyable). La partie suivante fut également nulle. La 8ème partie vit la victoire de Topalov, sa première victoire sur l’échiquier. Vendredi était un jour de repos. Ainsi, à la veille du week-end, les deux joueurs se trouvaient à égalité, 4-4. Le titre se jouerait au meilleur des quatre parties restantes! Samedi, nouvelle victoire de Topalov. Comme Kramnik devait regretter d’avoir repris la compétition… Allait-il craquer? Dimanche : victoire de Kramnik, décidément fort psychologiquement. Nouvelle égalité à 5-5. Les deux dernières parties se joueront mardi et jeudi. En cas d’égalité des parties rapides décideront du vainqueur. (à suivre)

dimanche 1 octobre 2006

Echecs à Elista

Dimanche 1er octobre 2006

Le monde des échecs est suspendu depuis vendredi aux communiqués émanant de la FIDE, Fédération internationale des échecs, et aux mises à jour régulières du site Chessbase. Samedi 23 septembre débutait en fanfare, à Elista, la capitale de la Kalmoukie, petite république russe bouddhiste, le match de réunification du championnat du monde d’échecs. Le Russe Vladimir Kramnik, champion du monde ‘classique’ depuis qu’il a battu Gary Kasparov, l’héritier de la lignée des Capablanca, Fisher, Karpov, à Londres en 2000, affrontait le Bulgare Vesseline Topalov, numéro 1 mondial au classement Elo, et champion du monde FIDE, depuis sa victoire pleine de panache au tournoi organisé par la Fédération internationale en Argentine l’an dernier. La cinquième partie, prévue pour vendredi, n’a pas été jouée, Kramnik refusant d’y prendre part. Le point a été attribué par forfait à Topalov. Depuis, le match est bloqué.
Le drame avait commencé à se nouer la veille, jeudi, jour de repos après la quatrième partie.
La réunification du titre de champion du monde des échecs est le rêve le plus cher des amateurs d’échecs depuis la rupture en 1993 entre Gary Kasparov, alors champion du monde indiscutable, et la FIDE. C’est aussi un enjeu économique important puisqu’il permettrait d’attirer de nouveaux sponsors, qui font actuellement cruellement défaut au monde des échecs. Le président de la FIDE, qui est aussi président de la Kalmoukie, a réussi à mettre tout le monde d’accord et à financer sur ses propres deniers (c’est un ancien homme d’affaire qui a fait fortune) le match d’Elista. Cela a sans doute contribué à sa réélection à la tête de la FIDE en juin dernier. Le match renoue avec la tradition des grands combats échiquéens du passé. Il se joue en 12 parties. Un point est attribué au vainqueur de chaque partie, les deux joueurs de partageant le point en cas de partie nulle. Le nouveau champion du monde sera celui qui marquera le premier 6 points et demi.
Le
New York Times consacre tous les jours un article au match. On peut aussi suivre les parties en direct sur Chessbase, un site web spécialisé.
La première partie débuta par une Ouverture catalane que les deux joueurs connaissent bien. Topalov, avec les noirs, réussit à obtenir une position où il pouvait annuler facilement. Fidèle à son style, il chercha à obtenir un avantage et prit trop de risques. Au 57ème coup il fit une gaffe et perdit un second pion. Il abandonna au 75ème coup face à un Kramnik solide.
Dans la deuxième partie, avec les noirs, Kramnik se lança dans la solide Défence slave. Topalov attaqua avec une brutale offensive sur l’aile Roi. Un peu avant le 30ème coup Topalov offrit sa Dame en sacrifice. La pression provoqua une bourde chez Kramnik. Topalov pouvait conclure par un mat, mais il commit lui-même des imprécisions. La finale, technique, fut gagnée par Kramnik qui menait par 2-0.
Après ces deux parties pleines de drames et de retournements, les deux parties suivantes furent des nulles robustes. Jeudi, jour de repos, Kramnik menait 3-1. Une forte tension régnait à Elista. On apprit le lendemain que Topalov, par l’intermédiare de son bras droit, avait déposé une réclamation. A mots couverts il accusait Kramnik de tricher à l’aide d’un ordinateur : vidéos à l’appuis il dénonçait le comportement de ce dernier qui se rendait sans cesse aux toilettes, le seul endroit de la compétition à ne pas être surveillé. Dans les dispositions négociées en vue du match, les joueurs disposaient d’une salle de repos et de toilettes attenantes, privées. Topalov menaçait, sous la forme d’un ultimatum, de se retirer si on n’imposait pas aux joueurs l’utilisation de toilettes communes. Vendredi matin, le Comité de réclamations prend une décision en faveur de Topalov et fait fermer les toilettes privées des deux joueurs. Peu après, l’équipe de Topalov enfonce le clou, exigeant que les joueurs soient accompagnés aux toilettes par un arbitre, et affirmant qu’il n’est pas normal que Kramnik prenne ses plus importantes décisions aux toilettes. La réaction de Kramnik ne se fait pas attendre. Dans une lettre ouverte au président de la FIDE, son bras droit dénonce la rupture du contrat passé avec les organisateurs et l’impartialité du Comité de réclamations, et s’estime insulté. Kramnik refuse de reprendre le jeu si ses droits ne sont pas rétablis et il exige la démission du Comité de réclamations. Une heure après le début de la partie 5, Topalov est déclaré vainqueur par forfait. La situation est totalement bloquée et le président Kirsan Ilyumzhinov doit rentrer de toute urgence d’une réunion avec Poutine pour essayer de trouver une solution. (à suivre)

vendredi 22 septembre 2006

Les avantages de parler français

Dimanche 24 septembre 2006

Le
New York Times de mercredi annonçait le décès de David Lykken. Ce nom ne vous dit rien? David Lykken et un psychologue américain né en 1928 à Minneapolis. Il a fait toute sa carrière à l’Université du Minnesota. Il s’est éteint paisiblement, à 78 ans, pendant son sommeil, a affirmé son fils.
David Lykken est surtout connu pour ses études de jumeaux dans le Minnesota. Il a mis en évidence l’importance des gènes dans bon nombre de traits psychologiques jusqu’alors principalement attribués à l’environnement. En 1996 il publiait un important article démontrant que le bonheur est essentiellement déterminé par le patrimoine génétique. Il concluait : « Essayer d’être plus heureux n’est peut-être pas plus réaliste qu’essayer d’être plus grand », phrase qu’il devait regretter d’avoir écrite. Dans un article de Time magazine consacré à la Nouvelle Science du Bonheur paru en janvier 2005 il déclarait : « J’ai fait un commentaire stupide dans l’article original. Il est évident que le niveau de bonheur peut être significativement modifié, vers le haut ou vers le bas. » L’évolution de sa pensée correspond au développement aux États-Unis de la Psychologie positive dont je vous reparlerai.


L’ancien gouverneur du New Jersey, Jim McGreevey, est réapparu, après une éclipse médiatique de deux ans, à l’occasion de la parution de son autobiographie,
The Confession. Il faut dire qu’il a bien orchestré son ‘come-back’. La campagne promotionnelle a commencé par l’enregistrement, la semaine dernière à Chicago, d’une heure d’entretien avec Oprah Winfrey, célèbre critique littéraire américaine, hôtesse d’un populaire talk-show hebdomadaire. Les spectateurs qui ont assisté à l’enregistrement public ont dû signer un engagement de confidentialité afin de respecter un black-out complet jusqu’à la diffusion de l’émission mardi dernier. Cette dernière coïncidait avec la parution du livre. Il y a bien entendu eu des fuites qui ont alimenté la polémique.
En août 2004 Jim McGreevey, le gouverneur de l’un des deux états limitrophes de New York, apparaît à la télévision pour annoncer de façon spectaculaire « I am a gay American » et démissionner de toutes ses fonctions. Son épouse est à ses côtés, renvoyant une étonnante image de sérénité. Homme de droite, quadragénaire, ayant consacré toute sa vie à la politique, il ne rêvait que d’une seule chose, entendait-on dire : la Maison blanche. Des ragots circulent sur son homosexualité supposée. D’un premier mariage il a eu une fille, alors âgée de 12 ans. Sa seconde épouse a accouché il y a peu d’une autre petite fille. Il s’est publiquement exprimé contre le mariage homosexuel.
Dans les jours qui suivirent on apprendra qu’il avait fait nommer à un haut poste de son administration, sans qu’il ait les qualifications requises, un Israélien de 35 ans dont il était tombé amoureux. Ce dernier, démissionnaire, menaçait de tout mettre sur la place publique s’il n’obtenait pas une compensation financière. Les négociations ayant échoué, le gouverneur avait pris les devants et révélé l’affaire. D’Israël, où il s’était réfugié, Golan Cipel démentait, déclarait qu’il n’était pas homosexuel, que le gouverneur avait abusé de lui sexuellement et l’avait harcelé. Il n’y eu aucune suite judiciaire et après que Jim McGreevey eut quitté ses fonctions, on n’entendit plus parler de cette histoire. Jusqu’à la semaine dernière.
L’ancien gouverneur s’est séparé de sa seconde femme. Une procédure de divorce est engagée. L’ex première dame du New Jersey est encore en train de se reconstruire, affirme McGreevey. Ce dernier qui s’est remis à exercer la profession d’avocat a trouvé l’amour de sa vie en la personne d’un homme d’affaire australien fortuné. Ils se sont installés dans une maison coloniale classée de la petite ville de Plainfield dans le New Jersey. De nombreuses photographies publiées dans la presse les montrent ensemble, montrant parfois un geste d’affection.
La communauté homosexuelle est partagée. Golan Cipel a qualifié le livre de tissu de mensonge. Certains se sentent trahis, et accusent McGreevey d’avoir utilisé le prétexte de son homosexualité pour démissionner. Son mandat avait été marqué par plusieurs affaires de corruption.
Aujourd’hui Jim McGreevey semble parfaitement à l’aise dans sa nouvelle vie.


Dans le dernier
New Yorker, je vous recommande vivement le court texte de David Sedaris, In the Waiting Room. The advantages of speaking French. C’est à se tordre de rire.

samedi 7 janvier 2006

Une expo intéressante?

Parmi les nombreuses expos de l'année peut-être faudrait-il s'intéresser à "Rembrandt-Caravaggio" au Van Gogh Museum d'Amsterdam (24 février - 18 juin): La confrontation entre les deux génies du Baroque. Rembrandt est né quatre ans avant la mort de Cavarage. A voir...

mardi 3 janvier 2006

America's housing bubble

Sous ce titre le chroniqueur du New York Times Paul Krugman affirme à nouveau qu'il existe une bulle prête à éclater dans le marché de l'immobilier aux Etats-unis. Il distingue le Flatland, où vivent 70% des Américains, où le prix de l'immobilier est le reflet du coût de la construction. Compte tenu de la baisse des taux d'intérêt, le coût d'acquisition d'une résidence y a plutôt baissé ces dernières années. Dans la Zoned Zone ("Northeast Corridor, coastal Florida, much of the West Coast and a few other locations") le coût d'acquisition d'une résidence a atteint le niveau du début des années 80, lors de la précédente bulle immobilière dont l'éclatement a été en partie responsable du plus important ralentissement économique aux Etats-unis depuis la Grande Dépression (pic de chômage de 10,8% fin 1982). Et de conclure: "Part of the rise in housing values since 2000 was justified given the fall in interest rates, but at this point the overall market value of housing has lost touch with economic reality. And there's a nasty correction ahead."

Fermeture de la librairie des PUF

En lisant Le Monde 2 du week-end dernier, j'apprends dans la chronique de Pierre Assouline que l'ancienne librairie des PUF, place de la Sorbonne, fermera définitivement en février prochain. Une enseigne de vêtement lui succédera: "Un beau gâchis en vérité. Le Quartier latin n'est plus qu'une vue de l'esprit. Il n'y en a plus que pour les fringues et pour la bouffe."